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L’envie d’avoir envie
Ça commence toujours par une envie. Une toute petite envie, parfois ridicule. Pas une envie de chips ni de café (même si, soyons honnêtes, ça aide souvent), mais une envie plus étrange. Celle de faire. De créer. De poser son téléphone, d’arrêter de scroller les vies des autres pour enfin toucher la sienne du bout des doigts. C’est l’envie d’essayer. Et, pour les plus vieux d’entre nous, d’avoir encore “l’envie d’avoir envie” — comme dirait Johnny, entre deux refrains qui sentent la sueur et la sincérité. Alors on s’y met. On sort le carnet, le crayon, le bois, la colle, la machine ou le rêve qu’on gardait pour “plus tard”. On se dit que cette fois, on va le faire. Et on le fait. Pas parfaitement, évidemment. Parce qu’avant chaque “joli résultat”, il y a des ratés, des planches qui brûlent, des traits trop profonds, des “tiens, c’est pas centré”. Il y a des heures à chercher pourquoi ça ne marche pas. Et puis des rires, parce qu’à force de rater, on finit par apprendre. Et là, souvent, quelqu’un demande : “Mais… tu vends ça combien ?” Et j’aimerais répondre “un sourire”. Parce que c’est ça, la vraie monnaie. Le sourire de celui qui reconnaît son prénom sur un bout de bois, le regard de celle qui dit “oh, c’est exactement nous”, l’enfant qui éclate de rire en voyant son dessin devenir lampe. Être riche ne m’intéresse pas. J’ai juste besoin de cette petite étincelle d’échange pour continuer à faire rêver. À mettre un peu de magie dans la sciure. À transformer le banal en souvenir, le quotidien en clin d’œil. Alors oui, derrière le prix, il y a du temps, des doutes, des essais. Mais il y a surtout ça : une envie. Une envie simple et tenace, celle de continuer à créer des sourires imparfaits.